Expatriés en Australie: être Chef pâtissier dans un restaurant gastronomique.

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Nous avons récemment été contacté par un magazine web pour backpackers français en Australie pour témoigner de notre expérience en tant qu’expatriés en Australie. Plus particulièrement à propos de nos expériences professionnelles dans la restauration.

Vous retrouverez donc dans cet article l’expérience de Inò en tant que expatrié et Chef pâtissier dans un restaurant gastronomique de la Hunter Valley, en Australie: Muse Restaurant.

Vous y découvrirez son parcours, les démarches qu’il a entrepris pour devenir Chef pâtissier, les conditions de travail…

Vous pourrez retrouver prochainement mes différentes expériences professionnelles depuis mon arrivée en Australie, sans diplômes et avec un niveau d’anglais scolaire. Restez à l’affût… 


 

 

Mars 2016

Après une année à travailler en Corse et à peine rentrés de voyage (1 mois en Thaïlande), nous pensons déjà à repartir. Loin. Longtemps.

Nous c’est Ali & Inò, deux trentenaires avec une passion débordante pour les voyages.

Nous travaillons tous les deux depuis des années dans la restauration. Moi, Ali, en tant que serveuse/barmaid en Bar/Restaurant et Inò en tant que Chef de cuisine en Brasserie de luxe. Un secteur d’activité qui nous permet de travailler et voyager à l’international.

S’expatrier à l’étranger nous a toujours fait rêver et nous décidons de creuser un peu plus cette idée…

Pour ce projet, nos choix se portent sur les Etats-Unis ou l’Australie.

Grâce au PVT (permis vacance-travail) pour moi qui a moins de 31 ans, et à l’idée d’un sponsorship pour Inò grâce à son poste de Chef (métier inscrit sur la liste CSOL), l’Australie nous paraît plus accessible. En quelques jours, notre décision est prise: nous partiront au pays des kangourous!

Nous évaluons le marché du travail dans la restauration (surtout pour Inò), passons en revue les démarches administratives nécessaires, parlons budget, informons nos proches…

Nous sommes arrivés à Sydney en avril 2016. Un départ rapide vers une nouvelle vie à l’autre bout du monde.

Aujourd’hui, nous travaillons tous les deux dans le même restaurant gastronomique, à Pokolbin, dans le NSW.

Moi (Ali), je suis Kitchen hand/commis et Inò est Chef pâtissier.

Grâce au sponsorship, nous avons tous deux obtenu il y 7 mois une résidence temporaire pour les 4 prochaines années avec une possibilité d’obtenir une résidence permanente au bout de deux ans.

Pour vous, voici le témoignage de l’expérience d’Inò en tant que Chef Pâtissier dans un restaurant gastronomique en Australie.

 

Avril 2016

Depuis la France, sur un forum de petite annonces en Australie, on a trouvé un poste de Chef pour Inò dans un restaurant qui a ouvert quelques mois auparavant.

L’expérience et les qualifications de Inò sont au delà de ce qui est demandé. Le patron est immédiatement intéressé par son CV. Les négociations sont efficaces: une promesse de sponsorship après quelques jours d’essai, dès son arrivée en Australie. Il est convenu que nous serions tous les deux logés par la famille, sous forme de HelpX, en attendant la signature du contrat.

Un aller simple PARIS-SYDNEY. Nous voici en Australie. Moi avec un Working Holiday Visa (< 31 ans), Inò avec un visa tourisme valable 3 mois et renouvelable 3x (le e-visitor).

Pour pouvoir postuler à un visa sponsorisé par une entreprise (visa 457), les démarches sont longues et le coût est conséquent, autant pour l’entreprise que pour le candidat (un article complet procédure/budget ICI).

Le patron pour lequel on est venu, celui qui se montrait intéressé et avait «promis» un sponsorship à Inò nous a finalement avoué qu’il ne pouvait pas investir. Malgré les qualités de Inò en tant que Chef, c’était trop long et trop couteux pour sa nouvelle entreprise qui n’était probablement pas éligible pour ce visa.

 

Juillet 2016

Nous sommes en Australie depuis 3 mois.

Après cette grosse déception, nous étions complètement dans le flou. On était assaillis de doutes, mitigés par l’envie de rester dans la région de la Hunter Valley qu’on appréciait ou bien se diriger vers une grande ville, genre Sydney, où les annonces de job se ramassent à la pelle en tant que Chef qualifié, mais où la vie semble bien trop agitée pour nous.

Quelques jours plus tard, le destin nous met sur le chemin d’une nouvelle opportunité. Alors que Inò postule sur les sites de jobs (Gumtree mais surtout SEEK), notre coloc’ nous parle d’un poste de Chef pâtissier disponible au restaurant gastronomique où il travaille.

Après une seule entrevue avec le patron et le Head Chef du restaurant et quelques jours d’essai seulement, Inò est embauché en tant que Chef pâtissier. Les démarches pour le sponsorship sont lancées.

Dans le secteur gastronomique, en particulier celui de la boulangerie-pâtisserie, la French-Touch est un atout considérable. Le savoir-faire français est valorisant, ce qui ouvre facilement des portes à l’international, à condition d’avoir les compétences et l’expérience requise. La passion du métier aussi bien sûr.

     

La pâtisserie est un métier d’adresse, de rigueur, de précision et de minutie. Chaque geste doit être parfaitement réalisé. Les parfums et les textures doivent être maîtrisés. Le travail et la cuisson des ingrédients sont primordiaux.

Le métier de pâtissier dans un restaurant consiste à créer des desserts sur assiette. Il est indispensable d’avoir des diplômes et une expérience dans le domaine pour postuler en tant que Chef.

Inò a un BEP, un CAP et un Brevet Professionnel en cuisine.

Parmi toutes ces expériences, il a travaillé 1 an à Liverpool en Angleterre et 1 an chez Bocusse en Floride, USA.

Son expérience en tant que pâtissier/ boulanger, il se l’est construite lui même, en tant qu’autodidacte, grâce à une volonté de fer et un mental d’acier.

Devenu un véritable passionné pour la pâtisserie, il cherche sans cesse à se dépasser et aller toujours plus loin. Il aime créer avec imagination et originalité de nouvelles recettes sucrées pour régaler l’oeil autant que les papilles!

Un atout indispensable pour obtenir cette position dans ce superbe restaurant récompensé depuis 2011.

 

«Un jour, un Chef m’a dit que j’étais un autodidacte au talent insolent.»

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La pâtisserie, c’est un métier qui donne envie et qui passionne. Quand nous annonçons aux gens que Inò est pâtissier (et français), ils répondent: «Whaooow, la pâtisserie c’est un métier difficile mais c’est magnifique! Vous avez de la chance! En plus vous êtes français!» (*avec des étoiles dans les yeux*).

Oui! C’est un métier magnifique! Et, Oui! C’est un métier difficile!

Mais ce n’est pas tout de le constater! Le vivre, c’est une autre histoire!

On entend souvent une expression qui résonnent entre les murs d’un restaurant: «Faut taper dedans!». En effet, la restauration, c’est Koh Lanta! Il faut être costaud, il faut résister. Physiquement. Mentalement.

La difficulté du métier, la réalité du terrain est la même en France que partout ailleurs. Les pauses sont rares, on reste debout toute la journée, on porte des choses lourdes, on supporte des chaleurs insoutenables à longueur de journées (l’été en Australie, la température extérieure monte jusqu’à 45/47 degrès… ) Chaque jour le même rythme, la même cadence, le même combat. Mais on tient le choc… Un seul objectif: être prêt pour le service du soir. Et là encore, il faut donner le meilleur de soi-même.

À la fin de certaines journées, chaque pas devient lourd, chaque effort devient pénible mais on le réalise avec le seul but de faire plaisir, jusqu’au bout. Bien sûr vous aurez des collègues avec qui partager le séjour. Pas seulement 8h par jour, mais 12h, 14h ou même 17h par jour. S’en suit une fatigue intense qui vous cloue au lit pendant vos jours de repos et une perte de motivation… parfois.

Le plus difficile à gérer quand on travaille à l’étranger en tant que Chef, c’est une nouvelle langue à maîtriser rapidement car, dans ce métier, la communication est dominante à chaque moment de la journée. Et aussi il faut savoir gérer la pression car ça peut facilement dégénérer.

Souvent, le salaire d’un Chef pâtissier dans un restaurant gastronomique en Australie est payé à la semaine et non à l’heure. C’est un salaire fixe. Il faut le négocier tout en pensant que vous allez travaillé du matin au soir très tard -probablement sans coupure-, donc environ 12/14h par jour, 5 jours sur 7. Sur les annonces, le salaire est annoncé à l’année, ce qui donne un salaire annuel entre $60.000 et $110.000 selon l’expérience/les qualifications du candidat et la situation géographique de l’entreprise.

Pour travailler en tant que Chef dans un restaurant, il faut UN MENTAL D’ACIER, ACCEPTER SA CONDITION, et ÊTRE PASSIONNÉ. Le seul moteur, c’est la volonté. Une volonté tenace, granitique, absolue.

«Qu’est ce qui pousse un homme à se dépasser ainsi? C’est mystérieux et pourtant, c’est la meilleure partie de nous-même.» Mike Horn

 

Cependant, être Chef à Muse Restaurant, c’est aussi avoir une famille au travail. Des gens qui vivent la même chose que nous. Des collègues devenus des amis puis des frères. «Pour le meilleur et pour le pire»! Quand l’un va pas bien, c’est le reste de l’équipe qui souffre aussi. Quand l’un chantonne, les autres sourient… Ici, on est solidaire, uni par des liens. On part ensemble en camping pendant les jours de repos. On organise des soirées Poker où même les filles peuvent gagner (on est au taquet: c’est l’unique possibilité d’envoyer le boss au tapis!)! On va dîner dans de beaux restaurants lors de meeting ou simplement boire une bière au pub.

À Muse, c’est un patron et un Head Chef sans cesse soucieux de notre bien-être malgré tout. On y reçoit un soutien inconditionnel et du réconfort chaque jour. Plus qu’un métier, une passion, une vie partagée.

 

 

En ce qui me concerne, je n’ai pas d’ambition immédiate à satisfaire, de rêve à combler si ce n’est celui que je suis en train de vivre. Je veux juste emprunter des chemins inconnus, encore un peu. Je m’ abandonne au destin qui sait sans doute ce qu’il fait.

Voyager, c’est s’enrichir chaque jour. Et c’est probablement la raison qui nous pousse à partir pour de nouvelles aventures, chaque année. Sans cesse en quête d’un nouvel environnement à explorer, on s’adapte toujours.

L’adrénaline du départ, les angoisses des 1ers jours, la découverte d’une nouvelle culture, les rencontres avec les gens… tout ça est tellement excitant!

Tout quitter pour s’expatrier, c’est comme faire un pas dans le vide: c’est l’inconnu! C’est pas facile de se lancer car on ne sait pas ce qu’il y a à l’arrivée, même quand on croit avoir des plans. On ne sait pas où ni comment on va retomber, ni l’impact/ les conséquences que cela va avoir dans notre vie. Mais une fois qu’on l’a fait, on se rend compte à quel point c’était facile malgré les difficultés rencontrées.

Ne soyez pas inquiet. On s’en sort. Toujours.

Tous deux, nous avons de bonnes rentrées d’argent. La vie devient facile ici en Australie. On est toujours prêts pour de nouvelles aventures mais on aime bien la vie Australienne. Les gens d’ici sont formidables, la nature est incroyablement riche et variée. L’Australie est vaste et nous avons encore des milliers de belles choses à explorer dans ce pays. Sans date de retour, on se laisse porter au gré de nos envies…

Ce n’est pas toujours simple de tout laisser derrière soi mais c’est encore plus difficile de rentrer!

 

 

  

 



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