Et 365 jours plus tard…

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Le 27 mars 2016 , Inò arrivait en Australie. J’arrivais 4 semaines plus tard, le 24 avril 2016.

12 MOIS, 365 JOURS que nous sommes à l’autre bout du monde.

 

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Pour revenir en arrière…
Dès notre arrivée, nous avons passé nos 1ères semaines chez un couple de restaurateurs dans la Hunter Valley, à 2h30 de Sydney. Nous vivions chez eux et Inò travaillait au restaurant dans le but d’acquérir un SponsorShip avec cette entreprise qui démarrait, comme nous l’avions convenu depuis la France.

Une semaine après mon arrivée, nous avions acheté un véhicule (un vieux LandRover Discovery), OLYMPUS DIGITAL CAMERAouvert un compte en banque, acheter des cartes SIMs pour nos téléphones et même fait la demande de notre TFN (inscription au bureau d’imposition). Peu après, nous emménagions dans
une coloc’ avec un australien de 28 ans, cuisinier, un gars plutôt sympathique.


Deux jours après ça, je trouvais un job de barista à 5 min de la maison: le TOP!

Inò allait travailler au restaurant en voiture et moi en vélo.
En moins d’un mois, nous avions un véhicule, une nid douillet confortable et pas trop cher ($216/week pour nous 2), et chacun un travail dans une région calme et agréable.

Tout commençait bien!

Oui MAIS…

Chaque aventure comporte son lot de péripéties et nous n’y avons pas échappé!

Avant tout, il faut savoir que notre projet est de vivre et travailler en Australie pendant plus ou moins 2 ans.

Pour ça, notre objectif principal était d’obtenir un SponsorShip pour Inò, arrivé avec un e-visitor puisque, tel un homme mature du haut de ses 31 ans + 1 mois, il n’avait pas pu prétendre au Working Holiday Visa (WHV) comme moi (ouai, la loose, à 1 mois près!!).

Pour vous rafraîchir la mémoire (pour ceux qui nous suivent! Sinon l’article est ICI): depuis la France, tout à fait par hasard, une proposition de SponsorShip s’était présentée! C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il avait du partir précipitamment et sans moi pour l’Australie…

Du jour au lendemain, nos plans avaient été bousculés!

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEmportés par l’excitation d’une nouvelle aventure du bout du monde, nous avons très vite réalisé quelques semaines après notre arrivée que cette « promesse » de SponsorShip n’était pas bien sérieuse..

Après cette mauvaise surprise, avec un sentiment de trahison et de rancoeur, nous avons décidé que Inò ne pouvait plus travailler pour cette entreprise, il était hors de question qu’il travaille sur le sol australien illégalement pendant des mois, même si, visiblement, ça ne dérangeait pas les patrons du restaurant.

 

Nous étions en juin.
Malgré quelques économies et mon petit salaire au café, il fallait qu’on réagisse vite pour ne pas se retrouver sur la paille en un claquement de doigts. L’Australie est un pays où le coût de la vie est assez élevé (au même niveau que la France).

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Photo d’illustration. Mes photos de Sydney sont pas top pour l’instant…


Pendant cette période, nous étions complètement dans le flou. On était assaillis de doutes, mitigés par l’envie de rester dans la région qu’on appréciait et sauvegarder mon travail au café que j’adorais ou bien se diriger vers une grande ville, genre Sydney, où les annonces de job se ramassent à la pelle (en tant que chef qualifié je précise!) mais où la vie semble bien trop agitée pour nous.. (C’est vrai qu’on commence à se faire vieux, on apprécie de moins en moins toute l’euphorie des grandes villes/ capitales, avec ces foules de gens pressés, de touristes et de véhicules bouchant chaque coin de rue… mais on assume :p !)

Et puis, quelques jours seulement plus tard, on apprend que le restaurant étoilé (pour info: se sont des « Hats » et non pas des étoiles ici en Australie), dans lequel travaille notre coloc’ recherche un chef pâtissier, disponible de suite.
Après quelques rapides réflexions, Inò alla rencontrer le patron de MUSE Restaurant.
Il est revenu de cette entrevue tourneboulé (tripatouillé, farfouillé, chambardé… enfin bref ÉMU quoi!). Le patron et toute l’équipe est jeune et dynamique!! Tous de grands passionnés et créatifs comme lui, utilisant des techniques de travail ultra modernes. La cuisine est immense et le restaurant splendide! Un poste de chef en pâtisserie dans cet établissement paraît être le job de reve pour Inò! Et, bien sûr, cerise sur le bateau… euh gâteau (!): impressionné par son CV et son savoir-faire (après un petit essai), le patron est OK pour le sponsoriser! Pour de vrai!! ALLÉLUIA!!

Nous sommes en juillet 2016.
Les 1ères démarches pour le SponsorShip sont lancées et Inò obtient un Bridging Visa qui lui permet de travailler en attendant la constitution complète du dossier de candidature (les administrations sont longues!).

Les semaines passent et nous sommes satisfaits. Lui, chef pâtissier pour la 1ère fois dans un 2 hats, 14681824_1607982832841258_2823530643975466995_nmoi barista pour la 1ère fois… Un festival de 1ère fois! 🙂

La vie est simple et paisible dans la Hunter Valley. La région est chouette et on apprécie cet environnement de plaines, vignobles et montagnes.
On s’échappe de temps en temps pour une virée à Sydney à 2h30 de la maison, prendre le large sur la côte Est à moins d’1h ou encore faire du camping au milieu de nulle part, dans des paysages sauvages époustouflants!

Seule ombre au tableau (on se rappelle que rien n’est TOUJOURS parfait!), le nombre d’heures que Inò passe au travail!
On va pas s’étaler mais il travaille beaucoup… trop! Chaque jour jusqu’à épuisement physique et parfois jusqu’à épuisement moral.
Mais la passion l’agrippe autant qu’il s’accroche à ses rêves.. Il a choisit d’être ici.
Et puis, depuis quelques mois, après avoir démissionné de mon job de barista en septembre, je suis présente, auprès de lui chaque jour en cuisine! Bien sûr, pas au même rythme (j’embauche au plus tôt à 15h et lui dès le matin vers 8h30) mais au moins on est ensemble tous les jours.
C’est tellement plus facile pour se voir, partager des moments ensemble, avoir les mêmes jours de repos et les vacances en même temps!
Et vous savez quoi? Aussi improbable que cela puisse paraître, c’est visiblement la meilleure décision que nous avons prise depuis le début de notre aventure: choisir de travailler ensemble!
Difficile à croire vu nos caractères opposés (un explosif et une hypersensible) mais la compatibilité au travail fonctionne très bien, probablement du à nos statuts totalement différents.
Je suis Kitchen Hand (= Aide de cuisine). Mon rôle consiste surtout à faire la plonge pendant le service et aider les chefs dans leur mise en place. Rien de très compliqué sauf le rythme très soutenu (voir agressif) des journées et la barrière de la langue qui me demande un effort supplémentaire (même after des mois, I am loin d’être bilingue!!!). Mais qu’importe, curieuse et motivée, avec une équipe qui me chouchoute, je suis contente d’être là!

Au début, j’étais un peu perturbée de voir la charge de travail inconsidérable que les chefs doivent assurer chaque jour! Je savais que le métier était difficile mais je suis, encore aujourd’hui, choquée que l’on puisse consacré autant d’heures dans une même journée à travailler ainsi.

Avec Inò, nous nous découvrons différemment.
Je crois que cette expérience continue jour après jour d’enrichir notre couple. Nous formons un binôme avec 16832396_1654623578177183_3095276558747749951_nune complicité que l’on ne soupçonnait pas. On reconnaît les compétences de l’autre, celles que
l’on ne se connaissaient même pas soi-même et on se rend compte à quel point c’est important pour nous.

Et surtout, on se soutient.
Certains jours sont extrêmement éprouvants, physiquement et mentalement. Le stress, la pression, la fatigue, la chaleur (surtout quand les températures sont grimpées jusqu’à 48°C en janvier dernier… c’était difficilement supportable!). Le fait de se voir mutuellement travailler dur permet de prendre soin l’un de l’autre, de se rassurer, de s’encourager et de prendre du plaisir à travailler (en plus du reste).
Il n’y a jamais eu de tensions entre nous au travail (même si je ne l’appelle pas « Chef », ah ah!!).

Évidemment, il y a des moments de gros doutes et de remise en question sur nous-même et notre vie ici.
Notamment dans les moments les plus difficiles comme quand le SponsorShip a été refusé la 1ère fois, en décembre, juste avant Noel. Coup dur pour nous et toute l’équipe de MUSE qui ne veulent pas nous voir partir… (ils sont géniaux <3 !)

C’était début décembre.
Le gouvernement australien a décidé à ce moment-là de refuser le visa sans motif justifié (une histoire de quotas paraîtt-il?).
Bref. Là, on a eu peur…
Alors que nous programmions nos 1ères vacances de Noel sous le soleil australien, le gouvernement nous donnait 28 jours pour quitter le territoire! Enfin, Inò puisque moi j’étais encore en WHV… 
Qu’est ce qu’on fait??

La question que tous le monde s’est posée! Nous, qui ne tenions pas à partir si vite; et aussi le patron qui tenait à garder son chef pâtissier français!
Après quelques heures de réflexion- il fallait réagir vite- une décision fût prise!
Troy, notre – super- boss, nous annonce qu’il a engagé le meilleurs agent d’immigration de Sydney pour faire appel à la décision de refus. Tous ça à ses frais! 😮
Tous le mois de décembre à été consacré à constituer un nouveau dossier de candidature sur les conseils de l’agent. Pour une question pratique et de gain de temps, nous avons également fait la demande de visa pour moi en tant que « partner », ce qui impliquait de fournir encore plus de documents toujours aussi plus compliqués et plus longs à obtenir.
Ah oui! Nous nous sommes pacsés ici en Australie (c’était essentiel pour prouver notre relation)!
Fin décembre, la nouvelle procédure était lancée et nous avons obtenu tous les deux un Bridging Visa en attendant la décision finale du gouvernement.
Pendant 3 mois encore, le dossier est resté en attente en attendant les derniers documents officiels (les procédures administratives sont longues).


Pendant ce temps, nous continuions à découvrir la région. Fin février, nous
avons eu 2 semaines de vacances où nous sommes partis faire du camping
dans les Blue Mountains, un havre de paix au milieu d’un parc naturel 13227052_10208385043556639_2713532134510059303_nsublime, idéal pour se ressourcer!

Entre temps, Inò s’est battu pour obtenir le dernier document manquant au dossier de candidature: le fameux test IELTS, un examen d’anglais de niveau universitaire obligatoire pour obtenir le visa. Après bien des découragements et plusieurs tentatives, il l’a enfin obtenu le 05 mars dernier.
 

13 mars 2017, le dossier est complet. La candidature est définitivement close.

Nous attendons la décision du gouvernement australien.
La décision qui fera de nous des expatriés. La décision qui fera de nous des résidents pendant au moins 4 ans…
La décision qui fera que l’on se sentira enfin chez nous, dans notre maison 3 pièces, 2 SDB avec jardin et garage (venez nombreux, notre coloc’ s’en va!!! ah ah!!!!)
Où nos projets seront ici, du moins pour les 2 prochaines années comme on l’envisageait au départ…

Des projets de remplacer nos deux véhicules (la SUBARU et ce gros tas de LandRover…) pour profiter encore plus du pays (genre moto et pick-up selon Inò^^) et des projets de voyages sur et autour du continent… Il va peut-être falloir faire des choix mais je pense qu’il y a moyen de se mettre d’accord!

 

 

Et 365 jours plus tard…

 

 

 

 

L’aventure continue… 

 

 

 

Vendredi 31 mars 2017, 15h: la décision du gouvernement est – ENFIN!- tombée!!

 

 

 

On l’a!!!  LE VISA A ÉTÉ ACCEPTÉ!!!! 

 

Après plus d’une année entière, on est chez nous ici en Australie pendant les 2 prochaines années ou plus (résidence permanente accessible après 2 ans)! 

Quelle bonne nouvelle!! Notre coeur fait BOOM BOOM d’excitation et de soulagement!! Ca fait 3 jours que j’écris cet article (un peu-beaucoup perfectionniste la fille!), et voilà que juste avant de le publier la nouvelle tombe!! Si c’est pas de la synchronisation totale ça!!! JUSTE POUR VOUS PUBLIC!!! ah ah!! 🙂

 

Juste un énooooOoOOrme MERCI à toute l’équipe de MUSE qu’on adore; surtout à Carole, la comptable qui nous a beaucoup aidé du début à la fin et bien évidemment à Troy et Megan nos patrons qui sont juste GÉNIALISSIMES!!! On vous love pour de vrai… 

 

 

 

Whatever happens… KEEP GOING! 

 


 

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2 réflexions au sujet de « Et 365 jours plus tard… »

  1. Un petit coucou de France… ton blog est fascinant! J’adore la façon que tu as d’écrire… tu devrais faire un livre!! Et pourquoi pas?!?! Vous pouvez être très fiers de vous… comme quoi, quand on le veut vraiment. … vous le méritez! ! Très bonne continuation à vous et profitez à fond! Et bien sûr continue à nous faire rêver de ce beau pays si lointain pour nous. On vous embrasse et on vous souhaite tout plein de bonheur. …

    1. Hello les Picquets!! Merci pour votre gentil commentaire! On aime bien les petits mots de soutien et d’encouragement, ça nous fait super plaisir!:) Pour ce qui est d’écrire un livre… un jour peut-être! J’me dis que tout est possible!! 😉 On vous fait plein de bisous d’ici! À bientôt! Ali et Inò

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