CARNET DE VOYAGE SÉNÉGAL. Mai/Juin 2011.

This post is also available in: enEnglish

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  

Lors de mon dernier séjour en France, en juin dernier, en farfouillant dans de vieux cartons souvenirs entreposés chez ma soeur, j’ai retrouvé ce carnet. Ce carnet de voyage qui est si précieux à mes yeux. Mon tout premier voyage, seule. Ou presque seule. Pour ce 1er voyage, j’étais partie rejoindre mon amoureux de l’époque parti 6 semaines plus tôt pour un projet d’études. Je suis partie le 05 mai 2011, excitée par l’idée de vivre une aventure unique et hors du commun. Je ne savais pas encore qu’elle allait transformer ma vie…

Je dois vous dire que cet article est très spécial! Comme le titre l’indique: c’est un carnet de voyage. Dans son état original, brut et très intime. Avec des états-d’âme, des découvertes et mes humeurs du moment. Relire ces notes et réaliser que j’étais en pleine conscience de certaines choses sans même le reconnaître m’a beaucoup émue! Revenir à la fois sur une 1ère expérience de voyage et sur un passé sentimental est délicat mais aujourd’hui je n’ai absolument aucun regrets. Je suis tellement heureuse de vivre pleinement ma vie d’aujourd’hui que je ne peux être que reconnaissante de tous ce que j’ai vécu depuis cette aventure même si des moments difficiles ont en découlés!

N’oubliez pas que quoi qu’il arrive, la fin d’une aventure est le début d’une nouvelle, toujours plus enrichissante, toujours plus intense. Ayez confiance.

«Pour découvrir, il faut sortir de son propre système. De l’intérieur on ne voit pas grand chose, en tout cas rien de ce qui se passe en dehors.»

 

 

 

 

 

1000 FRANCS CFA= 1,50 euro

Jeudi 05 mai 2011. JOUR J, DÉPART.

 

Départ à 9h46, gare de Poitiers. Arrivée gare Montparnasse à 11h40.

Embarquement aéroport Orly à 15h40 avec 1h de retard (navette gare Montparnasse->Orly: 11,50e).

Correspondance Madrid avec embarquement immédiat.

Arrivée Dakar env. 21h (repas dans l’avion).

Arrivée Fatick env. 00h45 (2h45 en France).

Où vont ces passagers assis derrière ces hublots illuminés? Un fragment de ciel, la représentation des étoiles tel qu’elles se trouvaient au-dessus de la Terre. Épris de découverte de ces terres étrangères, j’entreprends ce périple.

Ton absence était entrée en moi comme une petite mort qui ne cesse de creuser son chemin. Une taupe dans le ventre. Un moment d’abandon.

 

Vendredi 06 mai au dimanche 08 mai 2011. PALMARIN.

 

Départ Fatick à 11h30 en taxi-brousse jusqu’à FIMELA

(Fatick –> Fimela 12500FCFA partagé en 3). Arrêt déjeuner. 1er repas: Tiépbouddiem pour 1000FCFA (1,50e).

Fimela –> ? en passant par YAYEM et la «Petite Casamance»: endroit magnifique, paradisiaque. Trajet en charette. 4000FCFA (à négocier).

? –> PALMARIN: sur le toit d’un taxi-brousse 7 places où nous étions 13 passagers au total dont 10 entassés à l’intérieur et
3 sur le toit. Les cheveux au vent, le soleil tiède sur la peau, sensation de voler. Liberté. Souvenir mémorable.

PALMARIN. Arrivée au campemant YOKAM. Typique et calme. Accueil chaleureux et belles cases confortables/ super repas copieux (poissons frais grillé et frites).

Samedi matin: ballade en canoé au coeur de la mangrove avec un éco-guide Pierre, très sympa, drôle et pro. Arrêt pour boire un café au coeur d’un énorme baobab (dans le tronc!).

Début de soirée: découverte des hyènes sauvages dans la réserve de Palmarin et visite des puits de sel en charette avec Jean-Baptiste, super guide. Coucher de soleil splendide sur la faune sauvage, mes yeux vont partout: elle est immense, silencieuse! À la fois inquiétante et puissante. La natu
re à l’état sauvage.

La nuit tombe. On découvre le sport national: LA LUTTE. Quel show extraordinaire!

Les femmes chantent, elles dansent chacune leur tour au centre, très intensément en faisant vibrer tous les membres de leur corps. C’est très impressionnant! Les enfants, touchants avec leurs yeux brillants et leur joie de vivre, les accompagnent de temps à autres. Les hommes lutteurs se préparent à combattre en effectuant plusieurs rituels, comme envoutés par les gris-gris qu’ils portent autour de leur taille. Ils dansent d’une façon étrange autour de la piste de combat, comme une parade. Les jeunes garçons et les hommes les encouragent en dansant parmi eux. Ambiance culturel garantie. J’en prend plein les yeux. Ce souvenir sera inoubliable.

La nuit s’efface et réapparaît alors la noirceur des villages. Les coupures de courant sont habituelles et très fréquentes ici.

Dimanche matin. Sortie en pirogue, découverte du paysage. Le vent sur les flots adoucit la chaleur insupportable jusqu’au village de FALIA.

Village d’une tristesse infinie, gris et poussiéreux où les ordures s’imposent au milieu du paysage et la pauvreté gagne le visage des habitants. Pourtant… Les enfants, avec leur regards pétillants et leur rires contagieux semblent heureux. Je me demande: le sont-ils vraiment? Ils sont heureux de voir des toubabs (des hommes blancs). Ils nous envahissent dans l’espoir d’obtenir des petits «cadeaux». Certains nous laissent leurs coordonnées pour leur envoyer des colis, plus tard. (On nous a fait comprendre que l’envoie des colis n’est pas recommandé dans ce genre de village… pourquoi? Je ne sais pas vraiment… je redemanderai!)

Le poste de santé est le seul endroit du village où les habitants peuvent se faire soigner, vacciner, accoucher. Les soins sont à la hauteur du matériel quasi-inexistant. On nous explique que la matronne ne connaît quasiment rien dans le domaine médical et personne n’est diplômé ou expérimenté. Le «centre» est composé de 4 murs en très piteux état. Il y a 3 minuscules pièces délabrées, dont le bureau où sont stockés quelques médicaments- dont la totalité tiendrait dans mon sac banane. Une table d’accouchement traîne au milieu d’une pièce sans toit, au mur grisâtre, triste de béton usé. Poussiéreuses et lamentablement meublées, l’hygiène est inexistant, dangereux. Il n’y a pas de toit car les tôles sont trop abîmées et coûtent chères pour les remplacer. Des femmes meurent ici-même en donnant naissance à leur enfants, du aux conditions désastreuses. Abominable. Instant douloureux…

Avant de repartir (sentiment d’abandon), on donne ce que l’on a: le peu d’eau qu’il nous reste, deux crayons et un petit carnet, une casquette, un bandana… On leur achète quelques bijoux qu’ils fabriquent eux-même et qu’ils vendent aux touristes (apparement, tous ça aussi c’est «déconseillé» selon certains car il ne faut pas les habituer …etc… mais franchement, qu’est ce qu’on peut faire d’autre pour les aider, juste un peu??! Je comprendrais plus tard que ce n’est pas le fait de donner qui n’est pas recommandée. C’est la façon de le faire…).

Je repars bouleversée…

 

Lundi 09 mai 2011.

 

Journée à Fatick. Marché de Fatick.

 

Mardi 10 mai / mercredi 11 mai 2011.

 

Départ pour TOUBAKOUTA.

En taxi-brousse 7 places. Fatick –> KAOLAC: 2500 FCFA (3,70e). Kaolac –> TOUBAKOUTA: 6500 FCFA.

Arrêt à MISSARA– Visite du fromager, gigantesque arbre centenaire, 30 m de diamètre.

TOUBAKOUTA: embarquement en pirogue (uniquement) jusqu’au campement KEUR BAMBOUNG: exceptionnel, calme, sérénité, case confort, bonne ambiance, super repas, faune sauvage! 22000 FCFA, pension complète avec 3 excursions: sentier écologique dans la mangrove ballade en canoé randonnée pédestre dans la jungle (matin ou soir, à la fraîche)

 

Jeudi 12 mai 2011.

 

Escale à Foundiougne. Excellent petit village, sympathique. Près de l’embarcadère, petit restau sympa pour boire un verre et en face, acheter des souvenirs (attrape-toursite).

Campement BAOBAB SUR MER (chez Anne-Marie et Agnès): endroit sympa, calme, jardin couleurs d’été. Vue sur la mer avec terrasse et ponton (baignage ok). 17000 FCFA (26e) la chambre de 2 ou 3 personnes avec SDB privée. + 3000 FCFA (4,50e) repas simple (plat) ou 4500 FCFA (6,50e) entré/plat/dessert. Repas frais, copieux et délicieux. Possibilité de choisir son menu, demander à l’avance (la veille).

Belle rencontre avec les habitants du village. Assane, qui tient la boutique du coin de l’embarcadère (avec ses soeurs?) nous invite à manger le lendemain midi. Tiépboudiém avec le poisson péché du matin par lui-même ou ses amis. Super moment d’échanges inter-culturels. Tresses africaines par ses soeurs à la boutique de souvenirs: 6000 FCFA (9e). C’est long (env. 2h) et un peu douloureux mais c’est chouette. Utile quand on a pas assez d’eau pour se laver les cheveux pendant un certain temps.

Retour Fatick, embarquement 15h. traversée de 5 min: 100FCFA/pers (0,15ct)

Foudiougne –> FATICK: taxi clandestin en fort mauvais état (roue éclatée). Bus collectif: 500 FCFA/pers (0,75ct). L’autocar n’est pas de toute fraîcheur mais pas unique en son genre ici. On arrive enfin à bon port.

 

Samedi 14 mai 2011: DAKAR- ÎLE DE GORÉE (l’île aux artistes).

 

Les villes et villages se succèdent dans la langueur du voyage. Nous sommes loin des végétations luxuriantes, des troupeaux de vaches -maigres-, des chèvres et des ânes gisant au milieu des vastes étendues arides ou à l’ombre des baobabs, livrés à leur sort. La traversée de la capitale est aussi nauséabonde qu’au cours du 1er voyage. Un nuage de pollution âcre me brûle la gorge et me chatouille les narines. La ville est agitée, agressive. Les véhicules ne sont pas de toute fraîcheur, voir même en très mauvais état. Comment font-il pour encore avancer? D’ailleurs, certains n’avancent même plus, là sur le bord de la route, capot ouvert, bloquant la circulation. Quelques minutes encore et nous sommes prêts à embarquer vers l’île de Gorée située dans la baie de Dakar.

L’île de Gorée est le lieu symbole de la mémoire de la traite des esclaves en Afrique. Belle palette de couleurs! De belles maisons colorées, l’île semble bien vivante avec ses restaurants le long de la petite plage et ses nombreux artistes qui exposent partout dans les ruelles. Les éclats de rire des enfants font échos à travers le paysage. L’ambiance est douce et chaleureuse malgré les vendeurs qui s’agitent sur les pavés de la rue pour vendre aux touriste leurs créations locales (peintures sur toiles, bijoux, bibelots,…).

C’est vrai que ça fait bizarre, c’est pas très agréable mais bon tout est joli ici. Quoi demander de mieux pour faire des emplettes? J’adore cet endroit.

Traversée DAKAR –> ILE DE GORÉE: 5000 FCFA + 500 FCFA (taxe appliquée aux touristes?)

Repas au restaurant. Formule complète: 7500 FCFA (11,50e); Formule simple: 4000 FCFA (6e). Les crevettes et le poisson cuisiné sont exceptionnels. Viande (très cuite) déconseillée.

DAKAR, soir. Concert: orchestre Baobab. Super concert traditionnel. Dances et chants au rythme des tams-tams et autres instruments traditionnels. Trop cool, j adore. Entrée -tarif réduit-: 8000 FCFA (12e). Nuit chez Chris, Tess et Jammy rencontrés à Palmarin. Super rencontre. Parlent peu français, c’est drôle. Chris: américain, Foride (Miami). Tess, américaine, New York. Jammy, anglais. Ils habitent à Dakar pour leurs études je crois. Trop bien! J’éspère les revoir, ils sont ok pour nous recevoir de nouveau pour la nuit avant que je reparte en France. J’ai rencontré des américains!

 

Dimanche 15 mai 2011

 

LA MAISON DES ENFANTS D’AWA. DIOFIOR, 16h30.

Accueillie par Isabelle (baptisée AWA ici) et Joël, fondateurs et gérants de l’association. Présentation, programme, locaux, lieux de vie qui va être à la fois mon lieu de résidence et mon lieu de travail pour les 3 grosses prochaines semaines.

Juste le temps de me rafraichir avant de partir rencontrer les autres bénévoles autour d’un dîner au village.

 

Lundi 16 mai 2011

 

LA MAISON DES ENFANTS D’AWA- 1ère journée de bénévolat.

Je fais connaissance avec les enfants, les habitudes d’accueil, les façons d’enseigner. Discipline inconnue. J’observe.

Malgré la chaleur étouffante à laquelle je ne suis pas tout à fait familiarisée, j’essaie de suivre chaque activité et étape de la matinée avec enthousiasme. Tant bien que mal…

 

Mardi 17 mai 2011

 

Ça s’annonce plus difficile que ce que je pensais. J’essaie de m’adapter aux habitudes de la vie d’ici. Cases africaines, ça ça me plaît bien. Dans cette infrastructure. J’apprends qu’il vaut mieux que je fasse ce que l’on me demande, point.

 

Mardi 24 mai 2011

 

Pas si facile de s’intégrer aux côtés des bénévoles devenus très amis pour certains. On dirait qu’il forment un clan. Et c’est pas trop mon truc ça les clans… Ou peut-être bien que c’est l’intégration qui n’est pas trop mon truc…

Tard le soir: Rectification. Soirée de départ pour Mathias (garç très sympa). Dîner au village comme d’habitude: bière- repas (MAFÉ). Danses africaines autour de chants traditionnels et au rythme des instruments (des plats en inox et bambou!). Tous chantent, crient, dansent, tapent des mains jusqu’à épuisement. Les chants s’arrêtent et repartent, le rythme s’accélère toujours. On participe tous en coeur. Et puis, une coupure de courant! Improvisation dans la noirceur de la nuit. On écoute et se laisse porter par le son des musiciens. Quelques moments enrichissants de culture et traditions africaines. MERCI!

 

Jeudi 26 mai 2011 13h34

 

LA MAISON DES ENFANTS D’AWA.

La 1ère fois que je suis arrivée ici, j’avais prêté aucune attention aux règles de vie particulières. J’étais heureuse. Et le bonheur rend distrait. Je suis assise sur ce matelas fort peu épais surmonté de baldaquin d’où pend une moustiquaire usée et je me sens légèrement perdue.

Inconsciente, épris de découverte, je ne suis pas aventurière.

En ces terres étrangères, je ne me confond pas.

On dit que les yeux conservent les images des instants vécus. On dit que les lieux conservent la mémoire des instants vécus par ceux qui s’y sont aimés.

Je crois que j’en ai assez vu et entendu pour aujourd’hui…

Je supporte assez mal ce genre de personne. Malsain. Chacun intrigue dans son coin… Attendons.

Après-midi piscine (chez Loulou, 2000 FCFA= 3e avec une boisson fraîche) + Soirée formidable. Dîner au restaurant à Diangan (brochette de lotte, 2500 FCFA).

 

Dimanche 29 mai 2011

 

Fin du week-end.

De Fatick à Dioffior.

Je sais…

En ces terres étrangères, parcourant les chemins de terre, je marche seule dans le village. Je voyage seule avec mes souvenirs de toi pour seul guide. Je connais un certain apaisement. Quelques instants d’inconscience. Dans l’autocar qui me conduit, faisant défiler un paysage aride et ensoleillé… Un moment d’abandon, seule, loin, nulle part mais avec toi dans mon coeur. Quoi qu’il arrive je t’emmènes partout où je suis. C’était si bon, les rayons du soleil réchauffaient mon visage, le vent caressait ma peau. Je ferme les yeux. Des écouteurs sur mes oreilles et la musique me berce et me transporte à travers ce voyage… en terres étrangères.

Si je pouvais figer le temps, je l’arrêterais à ce moment précis. Si l’on pouvais revenir en arrière, c’est là que je retournerais.

 

Lundi 30 mai 2011 19h43

 

Je suis inquiète. Je suis impuissante. Pour toi, pour moi, je ne sais plus vraiment!

La suite m’intéresse. J’ai l’esprit ailleurs.

“Tout dépend de ce que l’on attend d’eux et de ce que nous sommes prêts à leur donner en retour.”

La monotonie de ces dernières journées me pèse. La solitude du temps qui passe m’oppresse.

Je regrette ce voyage en vieil autocar qui toussait et dont les sièges étaient durs et froids. Je regrette ce voyage à travers un paysage de poussière, celui qui aurait pu me conduire n’importe où. Un instant unique. J’attend le lendemain chaque jour.

 

TERRES ÉTRANGÈRES: Paysages hors du temps dont les terres ont adopté la couleur de l’orge mondé et du sable. Seul les animaux sauvages, livrés à leur sort, s’abritent à l’ombre d’un baobab. Paysage de terres arides chauffées par un soleil brûlant où villes et villages se succèdent dans la langueur du voyage.

Rien ne se déroulera comme on l’aura supposé.

Manque d’assurance. Manque de caractère. Manque d’implication? Frustrée de se sentir à l’écart de toute mission intéressante.

Il suffit parfois d’un regard, d’une présence, d’un geste pour que naisse une amitié, par delà les différences qui nous retiennent et nous effraient: il suffit d’une main tendue pour que s’imprime la mémoire d’un visage que jamais le temps n’effacera… –> ???

 

Mardi 31 mai 2011

 

1ère pluies! Fine et légère. Fraîche. Ca sent merveilleusement bon.

13h10. Matinée difficile. Réveil/ petit-déjeuner désagréable. L’eau a coulé toute la nuit aux palissades (douches communes) car le tuyau n’était pas ou mal fermé. Catastrophe: Joël, très mécontent, a dû se lever au milieu de la nuit, interrompant son sommeil. Conséquence: plus d’eau dans la cuve. Pas d’eau pour la journée (au moins). Mauvaise ambiance au centre: on s’est tous fait remonter les bretelles.

Égarée, j’aimerais être ailleurs aujourd’hui. Je veux m’égarer en terres étrangères, continuer le voyage.

Évolue mais reste toi-même!!

 

Mercredi 01 juin 2011

 

14h55. Soutien des élèves du collège. Ouiiiii!

J’ai mon propre groupe d’élèves, ils sont six. C’est la 3ème fois que je les reçois. Je n’ai reçu aucune consignes et je n’ai aucune idée de quoi faire. Les élèves comprennent le français. J’enseigne à ma guise. J’analyse les difficultés de chaque élève. Je m’adapte et ça semble fonctionner. J’adore avoir cette responsabilité.

J’aimerai que chaque journée au centre ressemble à aujourd’hui!

Je m’endors le coeur heureux et un sourire jusqu’aux oreilles avec -enfin- un sentiment d’accomplissement (j’apprend que ce sentiment est très précieux)!

 

Jeudi 02 juin 2011

 

7h54. Avant-dernière journée au centre. Après-midi piscine chez Loulou.

Nuit difficile: chaude et humide.

J’adore écouter la prière à 5h du matin. Je suis réveillée. Ce son a quelque chose de réconfortant j’ai l’impression. Je sais que je suis ici et pas ailleurs. En ces terres étrangères. Et je me rendors, sereinement. Étonnant. Intriguant.

 

Vendredi 03 juin 2011

 

Livre d’or Les Enfants d’Awa:

«Soif d’une aventure extraordinaire, quand je suis arrivée ici, je ne m’attendais pas à vivre une expérience si enrichissante. Trop peu de temps et pourtant tant de moments inoubliables parmi vous! Merci d’avoir partager quelques instants de votre quotidien. Sans aucun doute, cette aventure restera inoubliable. On dit que les yeux conservent les images des instants vécus et que le bonheur rend distrait. J’ai des souvenirs plein la tête et le coeur qui se ressère aujourd’hui, jour du départ… Je penserai à vous encore. Merci pour tout. La Maison d’Awa fut un bonheur.”

 

16h32. DIOFFIOR–> DIOSMONE

Je reprend la route sur cette belle terre étrangère. Le coeur serré…

Waoo, quel impact! Je laisse des souvenirs inachevés.

Il semblerait que j’ai malgré tout instaurer un lien entre ces gens et moi. Comment n’ai pas pu m’en rendre compte plus tôt?? Pourquoi prendre conscience de la valeur des choses vécues au moment de tout quitter? Cela en fait des moments difficiles. Je suis émue. Le coeur serré, la gorge nouée mais je reprend la route.

 

Samedi 04 juin 2011

 

La nuit dernière fut particulièrement difficile. Mon coeur battait la chamade dans mes tempes et ma bouche pâteuse, ma peau moite de sueur: la chaleur fut très insupportable!

De plus, mes pensée divaguaient vers des images de mélancolie: les visages des enfants apparaissaient les uns après les autres! Et si je les oubliais??! Ces ptites bouilles souriantes aux yeux brillants me manquent déjà!

La beauté déconcertante d’Amy-collé, le regard triste et l’air discret de petit Mamadou, le sourire d’Assan Diouf, les joues joviales de Mamadou Thiam, l’air coquin d’Aminata… Les rires de ces enfants, les chants, les dances improvisées dans la cour, les comptines murmurées au creux d’une oreille, les histoires racontées dans un instant douceur, les caresses réconfortantes et les regards chaleureux… Jamais je n’oublierais ces moments. Jamais je n’oublierai ces enfants.

«Il suffit parfois d’un regard, d’une présence, d’un geste pour que naisse une amitié, par delà les différences qui nous retiennent et nous effraient: il suffit d’une main tendue pour que s’imprime la mémoire d’un visage que jamais le temps n’effacera…»

 

Dimanche 05 juin 2011

 

L’esprit ailleurs, ces derniers jours furent bouleversants.

Mes «ptits petons» me manquent! C’est bien que j’avais réussi à m’attacher à eux finalement.

Je pense encore à eux.

 

Lundi 06 juin 2011

 

Campement «le petit bateau», FOUDIOUGNE.

Je n’entend plus que le clapotis des vagues qui claquent doucement contre la berge.

Quelques instants d’inconscience. C’est tellement bon d’être ici. Seule.

J’ai marché dans la poussière du chemin qui m’a conduit ici. Je ne sais pas où je suis mais je ne voudrais être nulle part ailleurs. Si l’on pouvais figer le temps un moment, je l’arrêterais ici.

Je m’assied sur le ponton de bois usé et je guette l’horizon. Caressé par la tiédeur du soleil, il est immense.

Il y a très peu de touristes qui circulent par ici. Aucun même je crois.

Cet homme et sa femme sont d’une extrême gentillesse. Je vais prendre mon déjeuner ici où je suis la seule cliente visiblement.

15h08. Je viens de refuser le thé, tradition Sénégalaise! Pourquoi? Qu’est ce qui m’a pris de refuser cette offrande, ce rituel, même trop amer?! Je la remercie sincèrement, elle me sourit… Quelle idiote je fais! J’aimerais m’excuser. Tant-pis pour moi.

Le vent s’est levé. Il souffle un peu trop fort maintenant et la mer s’agite. La chaleur reste douce et agréable. Je reste encore un peu.

La flore est belle, des pirogues surgissent d’une autre époque et naviguent paisiblement sur les flots. Une autre petite embarcation, plusieurs même, sont encrées et se laissent bercer par le courant des vagues. Comme si elles voulaient à tout prix s’enfuir, elles tirent le cordage qui les lient à leur encre.

C’est bon de venir se perdre en des lieux retranchés comme si je pouvais être entraînée jusqu’aux confins du monde!

Rien n’y fait, je reste imperturbable. Je chasse toutes ces petites idées noires qui pourraient me venir à l’esprit. Je pense aux gens que j’aime. J’aimerais qu’ils soient là eux aussi et qu’ils sentent cette douceur de la vie.

«Tout dépend de ce que l’on attend d’eux et de ce que l’on est prêts à leur donner en échange.»

 

Jeudi 09 juin 2011 DAKAR. J-1 retour

 

Petit-déjeuner «français»: pain au chocolat, pain aux raisins et jus d’orange. (la Brioche Dorée, quartier sacré-coeur, Dakar).

Marché de SANDAGA + île N’GOR.

Le marché de Sandaga, réputé le plus grand marché de Dakar. Une foule d’échoppes de cordonniers, de tailleurs, libraires, vendeurs de produits locaux, de contrefaçons…etc…

Cet endroit est extrêmement fréquenté tant par les locaux que par les touristes. Une vraie ruche bourdonnante, grouillante de rabatteurs! Visiter ce marché en paix est mission impossible.. On se fait malmener de shop en shop par des rabatteurs qui se disent «guide». On nous emmènent même dans un magasin de tapis pour nous vendre des tapis immense… Pour ma part, garder patience est difficile. Il est quasi impossible de «flâner» tranquillement et profiter du moment. C’est très désagréable. La foule m’oppresse. Je dois sortir d’ici.

Achats: Claquettes (en peau de vache??!), prix demandé: 20000 FCFA (30euros), négocié 4000FCFA (6euros). Jean’s + T-shirt: 15000 FCFA (17,50e)

Île N’GOR: accessible uniquement en pirogue ou petite embarcation. Trajet: env 10 minutes.

Petite île très sympa, baignade et petits restaurants les pieds dans l’eau. Pas d’hébergement possible sur place. Retour le soir, à la tombée de la nuit.

 

Vendredi 10 juin 2011

 

Le dernier jour… Embarcadère de Gorée, gare maritime internationale de Dakar. Allons prendre un bon bain de soleil coloré et faire pétiller nos yeux une dernière fois sur l’île de Gorée! J’adore cet endroit!

23h15.

Décollage! On glisse, on prend un virage, fait demi-tour, et… on s’élance! Waooouuu! On décolle! J’adore prendre l’avion! Toutes ces illuminations vues d’en haut! Dieu que c’est beau! Déjà, la nuit est immense derrière ce hublot! Je suis seule.

1h19 du matin.

Un atterrissage? Déjà? Seulement après deux heures de vol… Impossible! J’ai 5h de vol avant mon escale à Madrid! J’ai pas encore fermer l’oeil… Avec le décalage horaire, il est 3h19. Je suis fatiguée!! Où est ce que je vais passer la nuit? Dans l’aéroport?? C’est possible ça??! Tous le monde semble descendre… Panique à bord!! Nous sommes arrivés à Madrid??? J’attends encore un peu sur mon siège…

1h35.

Aaaah mais nooon! Tout va bien! Je reste ici! «Les passagers à destination de Madrid restent à leur place» qu’il a dit le commandant!!!!! (En espagnol bien sûr) Je crois que nous sommes à Las Palmas. Je vais essayer de dormir un peu pendant les 3 prochaines heures! J’éspère trouver le sommeil car le voyage n’est pas terminé!

7h39.

Heure européenne. Atterrissage Madrid en cours.

9h23.

Besoin d’un café! Vite! Au détour d’une boutique: des Kinder! Du bonheur en barre!

(Je ne pense qu’à toi… Je serais là.)

9h45.

Aéroport Madrid. Si je ne bouge pas, je vais m’écrouler de fatigue au milieu de l’allée et on fera sonner l’alerte pour colis non identifié.

(Tu me manques. Énormément)

11h18.

Que fais-tu? Ou es-tu? J’aimerais être là. Attends-moi.

12h22.

Recroquevillée sur moi-même sur un siège, j’ai du m’assoupir quelques minutes. Cette petite sieste m’a semblé bénéfique. Je suis réveillée par le son d’une conversation en anglais. Des jeunes. Britanniques? Américains? Aucune idée mais j’aime les écouter même si je ne comprend pas un mot. Un jour, je comprendrais.

Je pense à toi. Tu es déjà arrivé à Poitiers, retrouvé tes parents, tes amis certainement. Quel bonheur ca doit être pour toi, pour eux après trois mois en Afrique. Je m’en réjouis. Ne t’inquiète plus, tu es rentré maintenant. Et là, j’ai la rage. ON va s’en sortir. NIO FAR.

16h03.

Embarquement OK. Décollage imminent. C’est parti! On s’élance! Ah non, le virage avant-tout! On parcours la piste tout doucement. Consiqnes de sécurité… blablabla… C’est quand qu’on s’envole?? Encore un demi-tour, toujours pas quitté la terre ferme… (16h16) Y’a du soleil. Je crois qu’il fait chaud dehors. Encore un demi-tour! On tourne en rond???

16h18.

Ca y’est, on s’élance! Waoooouuuu! On s’envole! C’est beau!

20h46.

Train Paris-Poitiers.

C’est bientôt fini. L’aventure est terminée. Dans moins d’une heure, je serais de retour chez moi.

Tu seras parti et je le sais déjà.

Je rentre seule. Au milieu de notre appartement spacieux et confortablement meublée. Vide depuis 6 longues semaines. Le voyage s’arrête là.

Le notre aussi je devine…

 

 

Mon premier voyage. Le premier de tous les autres…  Le voyageur révélateur!

 


PARTICIPEZ!!!

J’éspère que cet article vous a plu!

N’hésitez pas à me poser toutes vos questions en commentaire! Je répondrais avec plaisir et vous aiderai peut-être à organiser votre séjour!

Rejoignez-moi aussi sur les réseaux sociaux FACEBOOK, INSTAGRAM et SNAPCHAT où vous pouvez suivre mes aventures au quotidien, en direct.

Pour ne rien rater de mes futures publications sur le blog, n’oubliez pas de vous inscrire à  la newsletter. Vous ne recevrez un mail uniquement pour être informé de chaque nouvel article (pas de spam promis juré craché!)

 

  • À DÉCOUVRIR BIENTÔT:

Pour encore plus de fun, je vous invite à vous abonner dès aujourd’hui à ma chaîne youtube: Ali- Best In My Backpack où je vous raconterai ma vie d’expatriée en Australie et vous ferai découvrir toutes mes aventures en vidéos avec des conseils & des astuces de voyage utiles et fiables.

Je vous parlerai des bienfaits du voyage, pourquoi et comment il m’aide dans la relation à moi-même et aux autres… comme une thérapie! La thérapie par le voyage, ca vous dit??! On en parlera ENSEMBLE!!!

Restez à l’affût et abonnez-vous dès aujourd’hui à la chaîne YOUTUBE Ali- Best In My Backapck! Je vous préviendrai dès que je publierai la 1ère vidéo!



Sénégal, les articles à lire:


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  

Une réflexion au sujet de « CARNET DE VOYAGE SÉNÉGAL. Mai/Juin 2011. »

Laisser un commentaire